C’est l’une des mesures les plus controversées de la réforme migratoire adoptée récemment par le Parlement européen. Les États membres pourront désormais conclure des accords avec des pays situés hors de l’Union européenne afin d’y envoyer certains migrants faisant l’objet d’une décision de retour.
Si officiellement rien n’a été annoncé, dans les coulisses des institutions européennes, plusieurs observateurs évoquent toutefois les Balkans occidentaux, notamment l’Albanie et le Kosovo, déjà associés à des projets similaires portés par l’Italie et le Danemark. Plusieurs États membres, dont la Grèce, l’Allemagne ou les Pays-Bas, discutent également avec des pays africains dont l’identité n’a pas été rendue publique, mais on évoque certains pays d’Afrique du Nord ou d’Afrique subsaharienne.
Concrètement, ces « hubs de retour » ne concernent pas les personnes dont la demande d’asile est encore en cours d’examen. Ils visent les migrants qui ont déjà reçu une réponse négative ou qui ne disposent plus d’un droit de séjour sur le territoire européen. L’idée est de les transférer temporairement dans un pays tiers partenaire, dans l’attente de leur retour vers leur pays d’origine.
Le projet suscite de nombreuses critiques. Plusieurs ONG dénoncent une externalisation de la politique migratoire européenne et craignent une détérioration des conditions d’accueil et du respect des droits fondamentaux. Reste donc également à savoir quels pays accepteront d’accueillir ces centres et dans quelles conditions. Autant de questions qui devront encore être réglées avant une éventuelle mise en œuvre sur le terrain.
Au-delà des « hubs de retour », le texte adopté prévoit plusieurs mesures destinées à rendre les expulsions plus efficaces. Les décisions de quitter le territoire pourraient être reconnues plus facilement d’un État membre à l’autre, tandis que les recours suspensifs seraient davantage limités afin d’éviter que certaines procédures ne s’éternisent pendant des années. L’objectif affiché par la Commission européenne est d’augmenter le nombre de retours effectifs. Aujourd’hui, seuls 20 % des demandeurs d’asile déboutés seraient effectivement renvoyés hors de l’Union européenne.
Vice-présidente du Parlement européen, Sophie Wilmès soutient ce durcissement de la politique migratoire. Sollicitée, elle n’a toutefois pas souhaité répondre à nos questions, nous renvoyant vers un communiqué envoyé début mars. « Les personnes qui n’ont pas le droit d’être sur le territoire européen ne peuvent pas y rester », estime-t-elle.
« Les personnes qui n’ont pas le droit d’être sur le territoire européen ne peuvent pas y rester. »
Sophie Wilmès, vice-présidente du Parlement européen









