Jérémy Pierson restera en prison au moins jusqu’en 2029, date à laquelle le Tribunal d’application des peines (TAP) décidera s’il peut sortir ou s’il doit rester enfermé. L’accusé a en fait été condamné à la réclusion à perpétuité ainsi qu’à une peine accessoire de 15 ans de mise à disposition du TAP. Une manière de prolonger l’incarcération du détenu si celui-ci « présente toujours un danger pour la société » au moment où il peut demander une libération conditionnelle.

En Belgique, un condamné à perpétuité peut ne jamais sortir de prison. Cependant, il a la possibilité de bénéficier d’une libération conditionnelle après 15 ou 23 ans d’enfermement – cela dépend s’il s’agit d’un premier crime ou d’une récidive. Au final, il arrive donc peu souvent que des condamnés à perpétuité passent leur vie derrière les barreaux.

Les peines à perpétuité peuvent alors exceptionnellement être « aggravées » par la mise à disposition du Tribunal d’application des peines. Au bout de 15 ou 23 ans, selon le crime, le détenu subit une période d’essai au cours de laquelle le TAP décide soit de le laisser en prison, soit de le remettre en liberté, sous surveillance. La Justice peut ainsi décider que les conditions d’une libération ne sont pas réunies et laisser le détenu en prison pour toujours. A noter que, tous les deux ans, le détenu peut contester la décision et demander une libération définitive.

Jérémy Pierson a donc été reconnu coupable de l’enlèvement, de la séquestration, du viol et l’assassinat de Béatrice Berlaimont qui ont tous eu lieu en novembre 2014. Mais l’homme est également reconnu coupable de la séquestration et du viol accompagné de tortures de Sauvane Watelet ainsi que de l’agression d’une automobiliste, des actes commis quelques jours après la mort de Béatrice, en décembre 2014. Enfin, Jérémy Pierson est reconnu coupable de l’agression, en juin 2004, de la finlandaise Fanni-Maria Harma, qui effectuait son jogging dans le parc Laval à Luxembourg. D’autres délits lui sont attribués : vol de voiture, de biens divers, entrave à la circulation, trafic de cannabis, rébellion armée.

Une « très lourde peine » donc, de l’aveu même de la présidente Annick Jackers. « C’est difficile pour nous car aucune circonstance atténuante n’a été retenue. On espérait autre chose » commentera l’avocat de Jérémy Pierson. Du côté des victimes, on ressent un certain soulagement. A commencer par la mère de la Béatrice, qui espère que sa fille pourra désormais « reposer en paix ».

«On se sentira tous en sécurité désormais»

Même sentiment pour Sauvane Watelet, elle aussi agressée et violée par Jérémy Pierson : «On se sentira tous en sécurité désormais. Je suis très contente, soulagée. Nos avocats ont fait un travail exceptionnel. Il y a eu de la dignité et du courage pendant ces trois semaines. Maintenant, c’est le début d’une nouvelle vie, justice est rendue. On va pouvoir rebondir dans la vie et avancer de manière plus sereine. C’était mon devoir de venir témoigner, je me suis senti portée par mes proches, par la population aussi. Je n’ai plus peur de rien désormais. Il croyait m’abattre. Mais c’est moi qui l’ai abattu.»

La jeune Finlandaise agressée en 2004 a elle aussi fait part de son soulagement : « «Ah oui, je suis très contente et soulagée après la lecture de cet arrêt. Je voulais surtout qu’il ne puisse jamais ressortir. Ma hantise, c’était cela. Avec une telle condamnation, je suis rassurée, il n’est pas près de ressortir. Je me sens un peu vidée après ces semaines de procès, mais j’ai vécu quelque chose de très intense entre toutes les parties civiles: nous sommes toutes les sœurs de Béatrice, nous sommes aussi la voix de Béatrice.»

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