Fin de cavale à Paris

Fin de cavale à Paris

Piégé par une écoute téléphonique sur un de ses comparses, il est arrêté le 7 janvier 1988 dans un restaurant italien à Paris. Ce sera sa dernière arrestation. À cette époque, le Petit Robert a 32 ans, fait toujours 1 m 66 et la justice peine à trier entre les braquages qu’il a commis et ceux que sa renommée lui attribue à tort.

Une arrestation qui le marquera à jamais. Même rangé et gracié, dans sa période namuroise, il est resté méfiant et observateur.

Au restaurant, il choisissait toujours la table du fond, avec une vue sur les entrées et sorties. Ce 7 janvier, la police a remis définitivement la main sur le roi de l’évasion, mais jamais sur l’entièreté de son butin. « Robert était suffisamment intelligent pour ne pas commettre les mêmes erreurs que ses complices. Il restait discret et évitait les grosses dépenses », continue une connaissance du braqueur.

Gracié par Albert II

Après un refus à sa demande d’euthanasie en 1991 et une évasion ratée en 1992, il reste alors au Petit Robert une seule carte à jouer pour ne pas purger la totalité de ses 43 années de prison : la grâce du roi. Dans une lettre en 1994, le truand précisait qu’il ne pourrait supporter la prison jusqu’en… 2019 et estimait avoir payé sa dette avec 13 ans prestés.

En 1996, les portes de la prison de Verviers s’ouvrent vers la rédemption. Et aussi, celle d’une autre vie.

Épaulé par sa famille et surtout par un couple de visiteurs de prison jambois, Robert Van Oirbeek ne fera plus de vagues. C’est l’amitié de ce couple, et non les barreaux, qui feront de Robert un homme rangé. Pour ces Jambois, la mention d’irrécupérable ne collait pas avec le trentenaire qu’était Van Oirbeek. Il se reconvertit, non pas en coiffeur, mais en chauffeur du TEC, pour Handicap et mobilité. Employé modèle, il était disponible et corvéable à souhait.

« J’ai déjà emprunté à la Poste et je doute qu’ils m’acceptent encore »

Il gardera une amitié profonde et une reconnaissance fidèle envers le couple jambois, à l’origine de sa libération. Ses proches lui attribuaient un certain sens de l’humour. Exemple, alors qu’il était déjà rangé, une employée de la poste lui a proposé un emprunt. À laquelle il a répondu : « J’ai déjà emprunté à la Poste et je doute qu’ils m’acceptent encore ». Le Petit Robert s’est éteint des suites d’un cancer à l’âge de 65 ans à Namur. La dernière cavale du roi de l’évasion.

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