«Ils sont de plus en plus et il y a beaucoup de jeunes»2017-12-21T11:23:02+00:00

«Ils sont de plus en plus et il y a beaucoup de jeunes»

«Comme chez nous», un rôle vital au quotidien

Se retrouver à la rue, avec ses enfants parfois, et tenter de trouver les ressources, mentales et physiques, pour remonter la pente… L’ASBL «Comme chez nous», qui propose notamment un centre d’accueil de jour ouvert «365 jours par an», joue indéniablement un rôle vital dans la réinsertion des sans-abri.

Un millier de personnes frappent à la porte de cette association carolo chaque année. «Mille personnes qui transitent soit quelques heures, soit quelques jours, soit toute l’année,» précise Sylvie Hustin, infirmière sociale au sein de l’ASBL.

«De plus en plus de sans-abri» et «beaucoup plus de jeunes»

Le «sans-abrisme», un phénomène de plus en plus présent à Charleroi? Oui, si l’on en croit le constat de Sylvie Hustin, qui indique que les jeunes frappent de plus en plus à la porte de l’ASBL. L’association doit également faire face aux appels à l’aide de mineurs, d’enfants en bas âge qui se retrouvent à la rue avec leur famille…

«Il y en a beaucoup, il y en a de plus en plus, il en y a de différentes formes. La dernière année, nous avons remarqué que nous avions beaucoup plus de jeunes, dans la tranche des 18-25 ans, même parfois des mineurs… Il y a aussi une grosse partie de femmes et de familles. Des enfants en bas âge qui sont parfois encore avec les parents et qui se retrouvent soit en abri de nuit, soit parfois, quand on a de la chance d’en avoir, en logement de transit. Au sein de l’ASBL, on a un logement de transit pour les familles mais malheureusement il n’y en a pas beaucoup sur Charleroi.»

Se prostituer pour avoir… un toit

Il y a le «sans-abrisme», mais il y a également tout ce qui vient s’y greffer… «C’est un monde très particulier, on dit souvent que c’est ‘un autre monde’. Quand on n’a pas partagé la vie des gens, on ne peut pas se rendre compte des dangers de la rue. » estime Sylvie Hustin.

La prostitution? « On a régulièrement des personnes qui nous en parlent: soit pour l’argent, soit parfois pour avoir une nuit au chaud.»

Les viols? «Il y en a… Quand ce sont des femmes, elles essaient de se regrouper, de ne pas rester seules, parfois d’avoir l’un ou l’autre ‘ami de rue’ (…). C’est une vulnérabilité de se retrouver tout seul à la rue.»

«Sous l’arbre à palabre… »: un livre, des tranches de vie du monde de la rue, des clichés à démonter

Au fil des séances de thérapie communautaire organisée par le Dr Verhelst – psychiatre au Grand Hôpital de Charleroi (GHdC) – au sein de l’ASBL, un projet est né. Sous la forme d’un recueil: «Sous l’arbre à palabre ».

«On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de points positifs qui ressortaient. On s’est dit pourquoi ne pas s’en servir comme leviers. On a proposé aux personnes qui avaient participé au groupe (NDLR: de thérapie communautaire) de participer à l’écriture et la rédaction d’un livre, où chaque personne a pu partager une partie de sa vie pour vraiment montrer justement aux personnes qui ne connaissent pas le milieu du sans-abrisme, ce que c’était vraiment, pas forcément les clichés qu’on en a, sur la toxicomanie, sur l’alcoolisme…»

Quand on parle de clichés, dans ce livre, il y a notamment cette annonce publiée par un propriétaire, qui juge bon qu’il n’est pas preneur de «caution CPAS»… No comment.

www.publier-un-livre.com

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