Rock2018-04-12T16:26:18+00:00

"L'american dream"
de Michel, Brasseur
de rock depuis 40 ans

Après avoir bourlingué pendant des années sur les scènes européennes et américaines, Michel Brasseur n'a plus qu'une idée : s'installer à Memphis “pour être au coeur de la musique que j'aime”.

Le virus avec Elvis

"Le rock ? Je suis tombé dedans quand j'étais petit. Je ne dois pas être le seul dans le cas mais je me souviens avoir buggé la première fois que j'ai vu Elvis à la télé. Je n'avais pas encore dix ans à l'époque. Dès ce jour-là, j'ai su que je voulais faire la même chose que lui."

Depuis plus de 40 ans maintenant, Michel Brasseur, cheveux gominés et chemise en jean, vit au rythme du blues et du rockabilly. Dans son attitude comme dans sa maison de Bouvignes-sur-Meuse, tout transpire les 50's. Un style de vie qu'il a adopté dès ses jeunes années.

"J'ai grandi avec les grands classiques du rock grâce à mon frère, se souvient le musicien namurois. Contrairement à mes soeurs qui n'écoutaient que les reprises gnangnan de chanteurs français comme Claude François, j'ai très vite adhéré à ce que proposait Eddie Cochran par exemple. L'énergie de sa musique correspondait déjà si bien à ma personnalité que je ne me voyais pas faire autre chose de ma vie."

Des Wallos à Memphis

La voix des Everly Brothers pour le guider et la présence de ses potes pour le soutenir, Michel Brasseur va rapidement enchaîner les scènes et les projets. "La première fois que je me suis produit devant un public, c'était aux Fêtes de Wallonie, à la fin des années 70, raconte-t-il. On m'avait promis que je pourrais jouer un morceau devant le public des "Serpents noirs" qui étaient à l'affiche. Evidemment, je me suis vite rendu compte qu'il n'y avait rien de prévu pour moi. Pourtant, avec mes amis, on a tellement tanné les autres musiciens qu'ils ont fini par en avoir marre et qu'ils nous ont laissé la scène pendant trois morceaux. J'avais 15 ans et je faisais mon premier concert devant près de 3.000 personnes. C'était dingue. Depuis lors, je suis accro !" Aujourd'hui âgé de 53 ans, le chanteur de "Country Cooking" s'est taillé une solide réputation dans le monde du rockabilly belge. Surtout qu'il a déjà joué à plusieurs reprises dans le célèbre "Jerry Lee Lewis Café" à Memphis.

En effet, après de nombreuses années à sillonner l'Europe, Michel Brasseur est parti à la conquête des Etats-Unis depuis 2011. "C'est un rêve que j'ai voulu réaliser. La première fois, j'y suis allé pour une tournée avec des amis musiciens. On est parti d'Atlanta, on est passé par Tampa et on est descendu jusqu'à Miami. En 2012, on a traversé la Caroline du Sud et la Géorgie. En fait, chaque fois que j'y retourne, c'est pour suivre un itinéraire un peu différent." Avec, toutefois, toujours le même décor : le sud des Etats-Unis et ses racines profondes de la musique rock.

"Capter l'âme de l'amérique
via la scène"

Loin des "grandes villes de béton du nord", le Bouvignois vit son rêve américain pendant trois semaines par an, toujours aux alentours du mois d'octobre. Assez pour recharger les batteries, accumuler les anecdotes et s'imprégner de la culture locale.

"C'est très difficile de résumer la vie sur place en quelques mots, estime Michel Brasseur. Leur mode de fonctionnement est tellement proche et éloigné à la fois de ce que nous connaissons en Europe... D'un côté, les Américains sont beaucoup plus chaleureux et solidaires que nous mais, en même temps, ils sont tellement divisés au sein de leur propre société." Et le chanteur de se souvenir, entre autres, de ces quartiers noirs d'Atlanta dans lesquels on lui déconseillait de se rendre car il est blanc.

"Dans le sud du pays, on voit bien que les Américains ne parviennent pas encore à vivre ensemble, poursuit-il. Il y a sans doute des exceptions mais, dans l'ensemble, les communautés ne se mélangent pas. Et ce n'est pas Donald Trump qui va arranger les choses."

Aux premières loges pour assister aux deux dernières campagnes présidentielles, Michel Brasseur en garde des souvenirs très contrastés.

"J'ai l'impression que les Américains étaient plus impliqués en 2012 qu'en 2016. Il y a 5 ans, les gens faisaient le pied de grue dans la rue pour montrer leur soutien à tel ou tel candidat. A l'époque, je me souviens même qu'il y avait des journaux dans lesquels on t'offrait un flingue si tu votais pour Mitt Romney (le candidat républicain, NDLR). C'était illégal mais ils n'en avaient rien à foutre."

Région de contraste, le sud des Etats-Unis vote historiquement pour le parti républicain. "Et ce, même si leur candidat officiel s'appelle Donald Trump", note le Bouvignois.

"C'est vrai qu'il n'a pas encore vraiment convaincu les gars que je côtoie régulièrement lors de mes tournées, mais il conserve leur soutien car il a un discours qui les séduit. Quand il dit qu'il va relancer l'économie nationale et créer des jobs, ça ne peut que leur donner envie de croire en lui. Et puis, en supprimant l'Obamacare, il répond à leurs attentes. Pour eux, dans leur esprit, c'est uniquement de ta faute si tu ne travailles pas. Et dans cette logique, tu n'as donc pas droit à être soigné correctement. C'est un peu choquant mais c'est comme ça là-bas."

"Trump ?
Pas sûr qu'il terminera son mandat !"

Conscient du fossé culturel qui peut le séparer des Américains, le chanteur namurois ne veut pourtant pas s'arrêter à ce constat. "Parce que les Etats-Unis, c'est bien plus que ça. C'est une façon de vivre, une façon d'être, un goût de liberté qu'on n'a pas ici."

"Après tout, Donald Trump et tout le cirque qu'il y a autour de lui, qu'est-ce que c'est ? Rien ! De toute façon, ça ne va pas durer : le FBI, la CIA et tous les autres auront sa peau avant la fin de son mandat. Non, pour moi, ce qui est important, c'est le sentiment de bien-être que je ressens sur place." Un sentiment dont Michel Brasseur compte bien profiter plusieurs mois par an en habitant Memphis.

"Ce n'est pas un secret, sourit-il. Maintenant que mes enfants sont grands, je compte vendre ma maison en Belgique dans les deux prochaines années afin d'emménager aux Etats-Unis. J'y vivrai autant de temps que la loi américaine me le permettra et je reviendrai de temps en temps au pays pour voir la famille. Dans ma tête, j'y suis déjà..." Et ça fait 40 ans que ça dure !

"L'american dream"
de Michel, Brasseur
de rock depuis 40 ans

Après avoir bourlingué pendant des années sur les scènes européennes et américaines, Michel Brasseur n'a plus qu'une idée : s'installer à Memphis “pour être au coeur de la musique que j'aime”.

Le virus avec Elvis

"Le rock ? Je suis tombé dedans quand j'étais petit. Je ne dois pas être le seul dans le cas mais je me souviens avoir buggé la première fois que j'ai vu Elvis à la télé. Je n'avais pas encore dix ans à l'époque. Dès ce jour-là, j'ai su que je voulais faire la même chose que lui."

Depuis plus de 40 ans maintenant, Michel Brasseur, cheveux gominés et chemise en jean, vit au rythme du blues et du rockabilly. Dans son attitude comme dans sa maison de Bouvignes-sur-Meuse, tout transpire les 50's. Un style de vie qu'il a adopté dès ses jeunes années.

"J'ai grandi avec les grands classiques du rock grâce à mon frère, se souvient le musicien namurois. Contrairement à mes soeurs qui n'écoutaient que les reprises gnangnan de chanteurs français comme Claude François, j'ai très vite adhéré à ce que proposait Eddie Cochran par exemple. L'énergie de sa musique correspondait déjà si bien à ma personnalité que je ne me voyais pas faire autre chose de ma vie."

Des Wallos à Memphis

La voix des Everly Brothers pour le guider et la présence de ses potes pour le soutenir, Michel Brasseur va rapidement enchaîner les scènes et les projets. "La première fois que je me suis produit devant un public, c'était aux Fêtes de Wallonie, à la fin des années 70, raconte-t-il. On m'avait promis que je pourrais jouer un morceau devant le public des "Serpents noirs" qui étaient à l'affiche. Evidemment, je me suis vite rendu compte qu'il n'y avait rien de prévu pour moi. Pourtant, avec mes amis, on a tellement tanné les autres musiciens qu'ils ont fini par en avoir marre et qu'ils nous ont laissé la scène pendant trois morceaux. J'avais 15 ans et je faisais mon premier concert devant près de 3.000 personnes. C'était dingue. Depuis lors, je suis accro !" Aujourd'hui âgé de 53 ans, le chanteur de "Country Cooking" s'est taillé une solide réputation dans le monde du rockabilly belge. Surtout qu'il a déjà joué à plusieurs reprises dans le célèbre "Jerry Lee Lewis Café" à Memphis.

En effet, après de nombreuses années à sillonner l'Europe, Michel Brasseur est parti à la conquête des Etats-Unis depuis 2011. "C'est un rêve que j'ai voulu réaliser. La première fois, j'y suis allé pour une tournée avec des amis musiciens. On est parti d'Atlanta, on est passé par Tampa et on est descendu jusqu'à Miami. En 2012, on a traversé la Caroline du Sud et la Géorgie. En fait, chaque fois que j'y retourne, c'est pour suivre un itinéraire un peu différent." Avec, toutefois, toujours le même décor : le sud des Etats-Unis et ses racines profondes de la musique rock.

"Capter l'âme de l'amérique
via la scène"

Loin des "grandes villes de béton du nord", le Bouvignois vit son rêve américain pendant trois semaines par an, toujours aux alentours du mois d'octobre. Assez pour recharger les batteries, accumuler les anecdotes et s'imprégner de la culture locale.

"C'est très difficile de résumer la vie sur place en quelques mots, estime Michel Brasseur. Leur mode de fonctionnement est tellement proche et éloigné à la fois de ce que nous connaissons en Europe... D'un côté, les Américains sont beaucoup plus chaleureux et solidaires que nous mais, en même temps, ils sont tellement divisés au sein de leur propre société." Et le chanteur de se souvenir, entre autres, de ces quartiers noirs d'Atlanta dans lesquels on lui déconseillait de se rendre car il est blanc.

"Dans le sud du pays, on voit bien que les Américains ne parviennent pas encore à vivre ensemble, poursuit-il. Il y a sans doute des exceptions mais, dans l'ensemble, les communautés ne se mélangent pas. Et ce n'est pas Donald Trump qui va arranger les choses."

Aux premières loges pour assister aux deux dernières campagnes présidentielles, Michel Brasseur en garde des souvenirs très contrastés.

"J'ai l'impression que les Américains étaient plus impliqués en 2012 qu'en 2016. Il y a 5 ans, les gens faisaient le pied de grue dans la rue pour montrer leur soutien à tel ou tel candidat. A l'époque, je me souviens même qu'il y avait des journaux dans lesquels on t'offrait un flingue si tu votais pour Mitt Romney (le candidat républicain, NDLR). C'était illégal mais ils n'en avaient rien à foutre."

Région de contraste, le sud des Etats-Unis vote historiquement pour le parti républicain. "Et ce, même si leur candidat officiel s'appelle Donald Trump", note le Bouvignois.

"C'est vrai qu'il n'a pas encore vraiment convaincu les gars que je côtoie régulièrement lors de mes tournées, mais il conserve leur soutien car il a un discours qui les séduit. Quand il dit qu'il va relancer l'économie nationale et créer des jobs, ça ne peut que leur donner envie de croire en lui. Et puis, en supprimant l'Obamacare, il répond à leurs attentes. Pour eux, dans leur esprit, c'est uniquement de ta faute si tu ne travailles pas. Et dans cette logique, tu n'as donc pas droit à être soigné correctement. C'est un peu choquant mais c'est comme ça là-bas."

"Trump ?
Pas sûr qu'il terminera son mandat !"

Conscient du fossé culturel qui peut le séparer des Américains, le chanteur namurois ne veut pourtant pas s'arrêter à ce constat. "Parce que les Etats-Unis, c'est bien plus que ça. C'est une façon de vivre, une façon d'être, un goût de liberté qu'on n'a pas ici."

"Après tout, Donald Trump et tout le cirque qu'il y a autour de lui, qu'est-ce que c'est ? Rien ! De toute façon, ça ne va pas durer : le FBI, la CIA et tous les autres auront sa peau avant la fin de son mandat. Non, pour moi, ce qui est important, c'est le sentiment de bien-être que je ressens sur place." Un sentiment dont Michel Brasseur compte bien profiter plusieurs mois par an en habitant Memphis.

"Ce n'est pas un secret, sourit-il. Maintenant que mes enfants sont grands, je compte vendre ma maison en Belgique dans les deux prochaines années afin d'emménager aux Etats-Unis. J'y vivrai autant de temps que la loi américaine me le permettra et je reviendrai de temps en temps au pays pour voir la famille. Dans ma tête, j'y suis déjà..." Et ça fait 40 ans que ça dure !


Chapitre III

Crédits

Un webdocumentaire réalisé par

Journaliste : Alan Marchal

Photographes : Jacques Duchateau et Alan Marchal

Webmaster : Kevin Rolin

Infographiste : Geoffrey Guillaume

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A l'occasion de la Fête nationale américaine, L'Avenir est parti à la rencontre de ces Wallons qui se passionnent pour les Etats-Unis et leur culture. De la danse country au catch en passant par les "muscle cars", le pays de l'Oncle Sam fascine. Mais qu'est-ce qui pousse réellement ces Belges à s'émerveiller pour l'Amérique ? Et est-ce que l'arrivée au pouvoir de Donald Trump à modifier leur rapport à la culture U.S. ? Début de réponse en cinq portraits.

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