Fric, flingues et karaté : la démesure d’Elvis2017-08-14T15:22:24+00:00

Fric, flingues et karaté : la démesure d’Elvis à travers Sinatra, Richard Nixon & Co.

Quarante ans après sa disparition, Elvis Presley continue de fasciner. Et pour cause, « The King » était le roi de la démesure, aussi sur scène qu’en dehors. Les Beatles et Alice Cooper peuvent notamment le confirmer, eux qui se souviennent avoir croisé un artiste à l’aura incroyable et aux lubies les plus folles.

Quand Frank Sinatra débourse 125.000 dollars pour Elvis

Elvis a à peine 20 ans lorsqu’il devient une star internationale. Grâce à lui, le public découvre le rock’n’roll. Ce qui énerve les grands crooners de l’époque dont Frank Sinatra, peu habitué à partager la lumière.

Pourtant, en 1960, quand le “King” annonce son retour aux Etats-Unis après deux ans passés en Allemagne à effectuer son service militaire, “The Voice” fait des pieds et des mains pour l’attirer en primeur dans son émission télévisée.

Au final, ABC, qui diffuse “The Frank Sinatra Show”, finira par convaincre Elvis de chanter deux de ses nouveaux morceaux et reprendre un medley avec Frank Sinatra himself. Coût de l’arrangement ? 125.000 dollars pour à peu près six minutes de présence sur scène.

Elvis et les Beatles : une soirée et puis c’est tout !

De plus en plus populaire grâce à Elvis notamment, le rock’n’roll va connaître une nouvelle révolution au début des années 60. A l’époque, un quatuor anglais fait fureur en Europe et s’apprête à conquérir les Etats-Unis. Eux, ce sont les Beatles.

A seulement 20 ans, Paul McCartney, John Lennon, George Harrison et Ringo Starr traversent l’Atlantique pour la première fois en 1964. En quelques heures, leur cote de popularité explose grâce à leur passage dans le “Ed Sullivan Show” et ses 73 millions de téléspectateurs. Devant sa télé, Elvis est sous le charme. Et il le fait savoir dans un télégramme qui leur envoie dans la foulée.

Durant plusieurs mois, les artistes gardent le contact par télégramme jusqu’à ce 27 août 1965 où les Anglais profitent de leur deuxième tournée aux Etats-Unis pour rencontrer leur idole dans sa maison, en Californie. “Un des grands moments de cette tournée”, résumera George Harrison à plusieurs reprises.

Loin des fans, des photographes et des caméras, les Beatles sont comme des gamins devant le “King”.

“Ils étaient si excités mais si nerveux, se souvient Priscilla Presley, l’épouse d’Elvis. J’étais étonnée de voir à quel point ils pouvaient être timides […] Ils sont restés sans voix quand Elvis leur a dit bonjour, surtout John Lennon.”

Selon les témoins de la rencontre, les Beatles ne se sont détendus qu’au bout de quelques minutes avant de rejoindre Elvis dans un boeuf.

Au moment de se quitter, Paul Mccartney & Co. invitent le “King” à leur concert organisé au Hollywood Bowl. Elvis ne s’y présentera jamais. Entre les gloires du rock’n’roll, la relation n’ira pas plus loin que cette soirée d’août 1965.

En effet, plus tard, les Beatles apprendront que leur hôte les considérait comme une menace pour les Etats-Unis de l’époque. Le lien est rompu.

Elvis, l’agent spécial de Richard Nixon

Et si Elvis avait été un agent spécial ? C’est en tout cas la proposition qu’a faite le chanteur à Richard Nixon lors d’une rencontre imprévue en décembre 1971.

A l’époque, le “King” profite d’un voyage en avion pour écrire au président américain. Dans une lettre de cinq pages manuscrites, il y fait part de son inquiétude face aux mouvements hippies et anti-américains qui prolifèrent.

“J’ai étudié en profondeur les ramifications des réseaux de drogue et les techniques de lavage de cerveau des communistes, estime Elvis Presley. J’occupe une position au centre de tout cela qui me permettrait d’obtenir de nombreuses informations.”

Contre toute attente (et contre l’avis même de Richard Nixon), le courrier titille la curiosité des conseillers du président et un rendez-vous est organisé à la Maison Blanche dès le lendemain, à savoir le 21 décembre.

De ce face-à-face, qui a duré beaucoup plus longtemps que les cinq minutes programmées initialement, le grand public retiendra surtout une poignée de main historique immortalisée dans le bureau ovale. La photo d’archives la plus consultée par les visiteurs de la Maison Blanche.

A noter que, si le film “Elvis et Nixon” s’est amusé à imaginer ce qui aurait pu se dire entre les deux hommes, peu d’informations ont été communiquées quant aux sujets évoqués entre eux ce jour-là. Seuls faits avérés : le chanteur a offert des photos de famille ainsi qu’un Colt 45 à son hôte en guise de cadeaux !

La chemise d’Elvis pour Dali

C’est une histoire que les fans d’Elvis et/ou Salvatore Dali connaissent bien. En 1972, lors d’une des visites du “King” à l’artiste espagnol, les deux hommes vont “se disputer” une chemise.

En effet, alors qu’ils s’apprêtent à se quitter, Elvis remarque que son hôte est fascinée… par sa chemise country. Ce que ne dément pas Dali. Ni une ni deux, le chanteur se déshabille et lui offre son vêtement. Résultat des courses ? “The King” s’en va torse nu.

Selon des proches du peintre, Salvatore Dali portait surtout cette chemise pour peindre.

Le jour où Alice Cooper a failli tuer Elvis

De toutes les rencontres insolites qu’il a pu faire dans sa carrière, Alice Cooper se souvient surtout de l’entrevue qu’il a eue avec Elvis Presley. Et pour cause, pour sa première rencontre avec le “King”, il a failli le tuer.

La scène se déroule dans un hôtel de Las Vegas, en 1971. Au sommet de son art, Elvis invite Alice Cooper à le rejoindre dans son penthouse. “Quand je suis arrivé à l’ascenseur, il y avait moi, Liza Minnelli et l’actrice porno Linda Lovelace, se souvient le chanteur dans une interview accordée au «  Mirror  ». Et la suite est encore plus surréaliste…

Invité à se rendre dans la cuisine de la suite d’Elvis avec ses autres invités, Alice Cooper se souvient alors que le « King » lui a tendu un calibre 32. « Je ne savais pas quoi faire. J’avais ce flingue dans la main et je m’attendais à ce qu’un gars de la sécurité débarque dans la seconde, me voit tenant une arme et m’abatte. Une petite voix dans mon oreille gauche me disait : « Vas-y, c’est historique, tue-le, tu seras pour toujours le type qui a tué Elvis. » Dans mon autre oreille, il y avait une autre voix me disant : « Tu ne peux pas le tuer, c’est Elvis Presley – blesse-le plutôt, tu prendras seulement quelques années ! » »

Reste qu’Alice Cooper n’a pas eu le temps de peser le pour et le contre très longtemps. Face à lui, Elvis, ceinture noire de karaté, venait de le désarmer. « Il a fait un coup de pied sauté, a fait volé le flingue, avant de me faire valser et de me bloquer au sol par le cou et me disant : « C’est comme ça qu’on arrête un type avec un pistolet. » » Fin de la démonstration.